Les débuts d’un mythe
Né le 21 août 1983 à Nebraska City, Nebraska, Anton Krupicka a un talent pour la course à pied. À onze ans, il fait ses débuts à la course à pied, à douze ans, il court son premier marathon et durant l’adolescence, il peut s’entraîner jusqu’à 200 km par semaine. Pour ses études (de physique, philosophie, puis géologie), il s’installe à Colorado Springs puis à Boulder, ville avec une « culture sportive hippie ». Cette culture, la philosophie et le lien à la nature lui réussit plutôt bien. Il découvre réellement le trail running pendant ses études à Boulder. Inspiré par les paysages montagneux et les sentiers escarpés, il a rapidement développé une passion pour la course en montagne. Son talent naturel et sa détermination ont fait le reste et l’ont propulsé au sommet de la discipline en un temps record.

Des victoires mémorables
Anton Krupicka a remporté la Leadville Trail 100 à deux reprises, en 2006 et 2007. Cette course mythique, qui se déroule dans les montagnes du Colorado, est connue pour ses défis extrêmes et son terrain impitoyable. Ses victoires à Leadville ont cimenté sa réputation de coureur de trail de premier plan. En 2010, il termine deuxième de la Western States 100, un autre mythe nord-américain. Même s’il ne gagne pas, la course est entrée dans l’histoire de l’ultratrail et a continué à construire sa légende.

La Western State 2010
En tête du peloton masculin se trouvaient le double champion en titre Hal Koerner, le jeune prodige européen Kilian Jornet, le double champion de Leadville 100 Mile Anton Krupicka et Geoff Roes, l’homme de l’Alaska. En cet été 2010 ils étaient clairement le top du peloton, les premiers de la classe mondiale et il suffit de revoir les attaques dans les parties les plus escarpées pour en avoir le cœur net.
Pendant la majeure partie des 40 premiers miles, les quatre leaders se sont serrés les coudes. Parfois, l’un ou l’autre s’éloignait un peu sans réels écarts. Ce n’est qu’à la descente dans Deadwood Canyon au 44ème mile que Jornet lança les hostilités s’offrant une avance d’une minute en bas de la descente.
À Michigan Bluff, au mile 55, le double tenant du titre Koerner avait pris quelques minutes de retard et Roes lui était à huit minutes derrière. Krupicka et Jornet ont traversé Michigan Bluff ensemble et en tête.
Le duo a continué son entente jusqu’à Foresthill au mile 62, Roes prenant encore plus de retard, arrivant au ravitaillement 12 minutes après les leaders. De Foresthill à la traversée de la rivière Rucky Chucky au mile 78, les deux leaders sont restés ensemble et Roes a une nouvelle fois reculé à plus de 15 minutes de la tête. À ce stade, cela ressemblait à une course à deux, une explication entre deux prodiges, Kilian Jornet et Anton Krupicka. Mais Geoff Roes avait d’autres idées en tête. Krupicka ayant devancé Jornet à 20 miles de l’arrivée, il fonçait vers une victoire sur cette course mythique mais Geoff Roes a fait une remontée incroyable. Avec un mental d’acier qui pouvait soulever des montagnes et des watts le propulsant sur la lune, il n’était plus qu’à trois minutes de Krupicka à Auburn Lakes Trails au mile 85 avant de finalement le dépasser avant le mile 94.
Si Geoff Roes est entré dans l’histoire de la Western State cette année-là, il est certain que Kilian et Anton le sont aussi.
Si vous ne le connaissez pas, je vous conseille ce documentaire sur la WS 2010 qui retrace cette course mémorable : Unbreakable
Une approche minimaliste
Krupicka est connu pour son style de course minimaliste. Il préfère courir avec des chaussures légères et peu de matériel, privilégiant la simplicité et la connexion avec la nature. C’est le genre à simplement rentrer chez lui après avoir acheter des chaussures pour couper le talon, superflu selon lui, au couteau à pain. Son style unique a inspiré de nombreux coureurs à adopter une approche similaire. Si la sortie de Born to run a joué énormément notamment sur l’explosion des chaussures minimalistes, Anton n’y est pas étranger non plus.

Une philosophie de vie
Pour Anton Krupicka, le trail running est plus qu’un sport ; c’est une philosophie de vie. Il voit la course comme une manière de se connecter avec la nature et de se découvrir soi-même. Ses réflexions sur la course et la vie sont souvent partagées dans des interviews et des articles, où il parle de l’importance de la persévérance, de la résilience et de la simplicité.
L’influence d’Anton Krupicka sur le trail running est indéniable. Son approche minimaliste et son amour pour la nature continuent d’inspirer des générations de coureurs. Il est souvent cité comme une source d’inspiration et de motivation pour ceux qui cherchent à repousser leurs limites et à se connecter avec la nature.
À côté du trail, et poussé par des blessures, Anton s’est mis à l’escalade et au gravel avec des sacrées sorties mais le course à pied n’est jamais loin, en témoigne sa récente traversée du Colorado qu’il raconte sur Instagram.
Avec tout ça, Anton Krupicka est bien plus qu’un coureur de trail ; il est une icône et une source d’inspiration. Que ce soit pour ses performances exceptionnelles ou pour sa philosophie de vie, Anton Krupicka restera une figure emblématique du trail running pour les années à venir.






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