Lors de sa première participation à l’UTMB, Aurélien Dunand-Pallaz avait frappé très fort en prenant la 2e place derrière D’Haene en le menaçant même d’un retour avant Chamonix. Mais avant cette course bluffante Aurélien Dunand-Pallaz s’était déjà largement montré. Champion de France de trail long, deuxième du MIUT en 2018, vainqueur de la Transgrancanaria en 2021, deux fois troisième de l’Ultra Pirineu… Aurélien est donc tout sauf un inconnu dans le milieu de l’ultratrail et fait partie aujourd’hui du très gros plateau français en ultra. Après une saison 2022 en deçà de ses attentes et alors que les premiers ultratrails commencent nous avons voulu prendre des nouvelles et des conseils auprès de cet ultra-athlète.

Carnet de Trail : La saison 2022 n’a pas été à la hauteur de vos attentes, comment avez-vous analysé cette saison en demi-teinte ? Et comment rebondit-on ?

Aurélien Dunand-Pallaz : En effet, j’ai eu une blessure au mois de février, me contraignant à commencer la saison de trail fin mai à la Maxirace puis mes deux gros objectifs étaient l’UTMB et la Diagonale des fous. Malheureusement, j’ai eu une fracture de stress qui s’est déclenchée 2 jours avant l’UTMB… J’ai déjà eu des blessures dans le passé et je sais que l’on revient plus fort derrière. Il faut l’accepter, essayer de comprendre pourquoi on a été blessé pour ne pas reproduire les mêmes erreurs et aller de l’avant. Je suis de nature optimiste et je ne m’apitoie pas sur mon sort. Je me suis dit « il y aura des meilleurs jours ».

Carnet de Trail : On va a vu pas mal sur des skis de rando et sur votre vélo ces derniers temps, c’était pour la prépa ? C’était une façon de mettre de côté le trail pour quelque temps ?

Aurélien Dunand-Pallaz : Oui, en fait de novembre jusqu’à mars je ne cours pas énormément, d’autant plus que cette année, je n’ai pas prévu d’Ultra en avril donc j’en ai profité pour faire un maximum de volume en vélo et en ski comme j’adore également ces 2 sports. Cela permet de s’entraîner sans trop de contraintes articulaires en comparaison du trail.

Carnet de Trail : Vous avez annoncé vouloir prendre le départ de la Hardrock en juillet, pourquoi avoir coché la cette course ? Comment se prépare-t-on pour cette course vraiment singulière ?

Aurélien Dunand-Pallaz : Il est assez difficile d’avoir sa place sur cette course et j’ai la chance d’avoir été choisi cette année. C’est une course mythique parmi les ultra-trails et le profil montagneux me correspond bien a priori. Cela sera également l’occasion de faire un voyage dépaysant aux Etats-Unis, dans le Colorado.

Pour la préparation, la grosse nouveauté est l’altitude car la course se déroule en moyenne à 3200m. Je vais donc essayer d’aller au maximum en altitude au mois de juin puis je me rendrai sur le lieux de la course 2 semaines avant le jour J.

Aurélien Dunand-Pallaz lors de l'UTMB 2022 qui devra abandonner après 10 Km de course, avec la courtoisie d'Aurélien ©JoaoMFaria
Aurélien Dunand-Pallaz lors de l’UTMB 2022 qui devra abandonner après 10 Km de course, ©JoaoMFaria

Carnet de Trail : Vous vous êtes assez rapidement tourné vers la longue distance, pourquoi cet attrait particulier vers ce format ?

Aurélien Dunand-Pallaz : J’ai commencé le Trail en 2012 à 19 ans et j’ai directement commencé par un 50km puis un 70km et mon premier 100km. Ce qui m’a toujours plu, ce sont les longues sorties en montagne à pied, à vélo ou en ski. Donc il m’a paru assez logique et naturel de m’inscrire sur des longues distances. Les bons résultats venant dès la première année, j’ai pris goût à ces efforts.

Carnet de Trail : Quel serait le conseil à donner pour celles et ceux qui se lancent dans l’ultratrail ?

Aurélien Dunand-Pallaz : Tout d’abord, il faut être certain de vouloir faire un ultra-trail pour soi-même et non pas pour les autres. Il ne faut pas vouloir faire un ultra car beaucoup de monde en fait ou parce que les courses de longues distances sont plus mises en avant que les courtes distances. De plus, il faut avoir le temps de se préparer pour les Ultras et si quelqu’un possède seulement que 3 ou 4 possibilités de 1h pour s’entraîner par semaine, alors il serait plus judicieux de faire des distances plus courtes. L’ultra-trail demande une vraie préparation et il faut être conscient de cela pour ne pas aller à l’abandon le jour de la course.

Carnet de Trail : Comment faites-vous pour passer outre la paincave, quand dans la course rien ne va mais qu’il faut continuer ?

Aurélien Dunand-Pallaz : Cela fait suite à ma réponse précédente ; la préparation doit repousser au maximum cet instant où rien ne va plus, où l’on rentre dans les difficultés de l’ultra mais même avec la meilleure des préparations, nous savons qu’il y aura des moments difficiles. J’essaye donc dans mes préparations de stimuler un peu cela en faisant des entraînements sur de la fatigue par exemple. Il faut ensuite avoir un bon mental et se rappeler pourquoi on est là : pour rejoindre la ligne d’arrivée, le plus vite possible.

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