Le 21 avril 2023, 1200 coureurs prendront le départ du 37e Marathon des Sables (MDS) dans le Sahara sud-marocain. Pour l’occasion, Carnet de Trail se met à l’heure MDS.
Le Marathon des sables fait partie des courses mythiques toujours présent dans les classements des courses légendaires. Cette course de 6 étapes pour une distance de 250 kilomètres se fait en allure libre mais en autosuffisance alimentaire et avec obligation pour les concurrent.e.s de porter son équipement (nourriture et matériel obligatoires). Seule l’eau est fournie (mais rationnée). Le soir rendez-vous sous une tente berbère avec les autres participant.e.s pour une nuit sommaire avant de repartir sur une nouvelle journée de course.
Des conditions de vie minimalistes, des repas lyophilisés, pas de douches et souvent une même tenue pour toute la semaine, le Marathon des sables s’inscrit dans un format unique en son genre et amène les traileurs et traileuses bien loin de leur confort et même de leur inconfort de course habituel.
Entrer dans le mythe
C’est une course mythique car elle ne ressemble en rien aux autres courses. Peu de grands trails se courent en étapes ce qui rend déjà le MDS unique mais surtout c’est le terrain qui fait de cette épreuve une course singulière. Le peu de dénivelé, la chaleur et le sable font que les spécialistes de l’ultratrail qui avalent les kilomètres à l’UTMB, sur la Hardrock ou les 300 bornes du TOR des Géants se rendent vite compte que cette course-là sera différente.
Même si au-delà des dunes, toutes sortes de terrains seront parcourus par les athlètes : oueds asséchés, plateaux caillouteux, pistes, palmeraies, montagnes, etc. on le voit rapidement au classement, des coureurs de très haut niveau comme Julien Chorier (vainqueur de la Diagonale des fous (deux fois), de la Hardrock 100, de la CCC, l’Ultra-Trail du Mont-Fuji, le MIUT, 3e de l’UTMB, etc.) n’ont jamais pu rivaliser avec les athlètes habitués de l’épreuve et du désert comme les frères El Morabity ou le français Merille Robert, devenu un spécialiste de l’épreuve depuis son premier MDS en 2012.
Le désert, jour après jour.
Six étapes entre 20 et 80km, une seule sera vraiment longue. Un rythme de course assez léger et des barrières horaires qui permettent au plus grand nombre de finir fait que ce ne sont pas les étapes en tant que telles qui sont difficiles sur le MDS mais la vie en autosuffisance dans le désert.
Il faut porter et se débrouiller. Le choix du sac et de tout ce qu’il contient (entre 6,5 et 15kg hors eau) sera alors primordial. Evidemment l’alimentation est un des éléments clefs; l’organisation impose un minium de 14 000 k/calories minimum au total, soit de 2 000 k/calories par jour de course sous peine de pénalités. Gagner des kilos que l’on va devoir porter ensuite sur 250km n’a donc rien de facultatif. Sylvaine Cussot raconte sur son blog comment elle a organisé son sac :
« Est-ce un confort dont je peux me passer ? Comment peut-on optimiser pour le rendre plus léger ? Par exemple, j’avais coupé ma brosse à dent en deux pour l’alléger, j’avais pris du dentifrice en poudre … des petits détails accumulées qui permettent de partir le plus léger possible ! »
Une seule tenue de course, test des duvets avant de partir (assez chaud mais pas trop lourd) etc. et évidemment et avant tout : se préparer à en baver. « Mentalement, il faut aussi être prêts à vivre dans des conditions très peu confortables, voire inconfortables pendant une semaine. Se préparer psychologiquement à parfois se priver de manger autant qu’on l’aimerait, ou dormir à même le sol parce qu’on a préféré faire l’économie d’un tapis de sol pour s’alléger (ce qui était mon cas). Courir dans le sable, c’est dur, c’est usant moralement parce qu’on a vraiment le sentiment de ne pas avancer … ça aussi, c’est bien de l’avoir en tête et de s’y être préparé. »
La 37ème édition du Marathon des sables débute vendredi 21 avril et on a hâte de suivre ça !






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